Solo NIARE

Là où les anciennes gloires du foot narguent l’oubli

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Là où les anciennes gloires du foot narguent l’oubli

Dans les réactions après l’attribution du ballon d’or, un grand nom du football disait : « Nous essayons tous d’être meilleurs à nos différents postes afin de laisser de bons souvenirs pour la postérité. » Si jamais ceci est l’unique motivation de tous les joueurs de foot, les villes africaines offrent une archive très ludique des anciennes gloires du ballon rond. De quoi satisfaire tous ces renards des surfaces de réparation qui cherchent à marquer leur époque. Mieux que les tirages papiers des figurines Panini, cette base de données à la sauce africaine n’est pas seulement riche, elle est bien vivante et d’un burlesque très épatant.

La foire aux surnoms

Entre Fontaine (France), Euzobio (Portugal), Pélé (Brésil), Dalin (Suède), Inzaghi (Italie), Okwaraji (Nigéria), Falikou (Cote d’Ivoire), Ravaneli (Italie), Platini (France), Nii Lamptey (Ghana), Wadle (Angleterre), Francescoli (Urugay)… entre autres, il n’y a pas un de ces joueurs, tombés dans l’oubli d’usage, qui ne retrouvent pas une seconde vie sur le moindre espace aménagé en terrain de foot dans les rues africaines. Les contemporains de ces talents cités sont amusés de voir subitement réapparaitre leurs idoles d’il y a deux, trois, quatre ou cinq décennies. Sur la plupart de ces terrains improvisés, du goal à l’avant centre, tous les joueurs portent un pseudo. Même le juge arbitre n’est pas en reste. Les rares fois où un de ces footballeurs en herbe déroge à cette règle, soit il a refusé le sobriquet qui correspond à son très mauvais niveau, soit il s’emmerde seul à la maison.

J’ai un surnom, donc je suis Fouteux2

Le surnom revient au joueur selon que son dribble chaloupé rappelle celui de son idole ou selon que la puissance de ses tirs rappelle la frappe de mule du joueur qu’il adule. Ce n’est pas les Dunga (Brésil) ou les « alias Roberto Carlos » qui diront le contraire. Des fois, seule suffit la simple manifestation de vouloir se faire baptiser du surnom du footballeur qui les séduit, auquel cas, il devrait se hâter de le floquer plus vite que les autres postulants au dos de leur tee-shirt. Le mérite du pseudo à partir du talent et son attribution en fonction des pieds carrés s’inscrivent comme les seuls critères qui régissent ce phénomène.

Certains grands stades ayant abrité des éditions de compétitions internationales trouvent également leur nom remis au goût de cette mode, mais dans une autre forme d’utilisation plutôt originale. C’est ainsi que dans ces villes africaines, on ne va pas au stade du Maracana (mythique enceinte brésilienne ayant abrité deux finales de coupe du monde), mais on joue au maracana : une partie de foot entre deux équipes de cinq joueurs chacune avec de petites cages de but de 70cm de hauteur pour 1m de largeur. Les règlements varient d’un lieu à l’autre.
Fouteux4Comme synonyme de ce même type de jeu à 5, quand dans certaines autres villes on préférera dire qu’on va au bundesh (Bundeshliga, championnat allemand), d’autres l’appelleront coquettement « jeu de salon », dû à l’étroitesse du terrain sur lequel se pratique souvent ces parties de foot très techniques.

« Jamber » qui vient du nom du joueur Hamada Jambay signifie que l’on n’est pas titulaire sur un match. Un rappel très railleur de la dernière saison catastrophique où le marseillais avait élu domicile sur le banc des remplaçants.

Aux grands footeux, la rue reconnaissante

Les grandes compétitions internationales d’envergure, telles que la Coupe d’Afrique des Nations, la Coupe du monde et la Champion’s league sont souvent les périodes de pêches des surnoms. Les razzias s’effectuent également durant les championnats les plus médiatisés. Plus un joueur brille par son talent pendant ces rendez-vous, plus il y a de l’engouement pour floquer son prénom au dos d’un maillot contrefait venant d’Asie. Ces rues africaines deviennent, de ce fait, une espèce de baromètre de la popularité de ces footballeurs où les meilleurs d’entre eux sont célébrés, les plus nuls, moqués et les moyens, snobés.

Aux footeux, un panthéon où ils resteront des immortels à jamais, l’Afrique le leur rend drôlement bien.

Solo

 


Qui mérite la baffe ?

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A l’occasion du Nouvel An, je décide d’aller rendre visite à la famille Chrétien, mes voisins de palier que je trouvais fort sympathiques. L’accueil est très agréable. M Chrétien, porté sur la lecture, possède une bibliothèque assez riche et Mme, très coquette, mijote un bon petit dîner dans le couloir servant de cuisine. L’appartement bourdonne du bruit des grillades sur les plaques électriques et de mes échanges d’amabilité avec Mr Chrétien. Dans ce chaleureux décor, Armand, leur petit garçon de 4 ans, joue à l’indien avec un lance-pierre entre les meubles cossus et semble se chercher une mire intéressante.

Alors que je m’entretiens avec le père de famille autour du dernier prix Renaudot dont il venait de finir la lecture, soudainement, il reçoit un projectile en plein visage, éjecté par le lance-pierre du Navajo en herbe du salon. Paf ! Le père assène aussitôt une gifle magistrale qui le fait partir dans un hurlement strident vers sa maman occupée dans la cuisine. Devant les pleurs de son fils et l’explication que celui-ci lui donne rapidement de la situation, la maman ne se fait pas longtemps prier pour venir, elle-même, s’enquérir de l’objet d’une telle punition auprès de son mari.

M. Chrétien, dans son exposé de la situation, arrive à convaincre son épouse que le petit garçon mérite plus qu’une baffe en lui montrant son œil au beurre noir hérité de l’impact du projectile. Armand prend aussitôt une seconde claque venant cette fois-ci de sa maman. Ce qui le refait partir en courant dans un cri encore plus strident que le premier retrouver ses grands-parents. Il n’a pas fallu plus de deux minutes pour que les deux septuagénaires dévalent énergiquement les marches de l’étage qui nous séparent pour venir demander des comptes à leur fils et sa femme.

Cette scène cocasse se passe dans un engrenage tellement rapide que le seul réflexe qui me reste est de m’intercaler entre les deux générations de parents et le petit « Geronimo » qui avale, le regard perdu, ses sanglots.

Si après le papa, la maman, elle-même, n’a pas manqué de distribuer un aller-retour à son garnement, rien ne me garantissait que la cane de la grand-mère ou le dentier du Papy ne servirait dans cette escalade de violence irraisonnée.

– La première personne qui retouche à ce gosse aura à faire à la police, je vous promets tous les quatre, leur lançais-je.

Je m’attendais à tout sauf à être confronté à une situation d’enfant en danger en ce début d’année. Y a-t-il une période de l’année indiquée et propice à la violence à ce niveau ? En théorie non ! Par contre, tous les moments sont favorables pour sensibiliser contre des violences subies par les enfants (violences psychologiques, physiques et sexuelles) au sein de la famille.

Mon premier contact avec ces voisins qui décochent des baffes plus vite que leur ombre finit par une séance de mise en garde. Je pris congé d’eux en les invitant à se renseigner sur le 119, numéro dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être.

Solo Niaré


La famille Mandela

Madiba Family Tree

Peut-on aujourd’hui avoir la plume suffisamment alerte pour plancher sur le destin hors de commun de Madiba ? Pas très sûr, ne serait ce que de pomper sans gène sur ce qui a déjà été écrit, vu et entendu. Pour mon cas, je contourne cet exercice combien de fois contraignant pour partager avec vous ce visuel portant sur la lignée de l’exceptionnel Mandela.

Source : https://ewn.co.za/MediaMobiPage?mediaitemid=141fc5b0-27b9-4336-a3df-c48d367c5ca4


Je hais les grins !

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Il n’est pas un seul misérable jour en Afrique subsaharienne, depuis plusieurs décennies, en milieu rural comme en zone urbaine où l’on ne localise pas régulièrement un grin, ce petit attroupement de personnes flânant autour d’une théière bouillante en train de refaire un monde qui leur a filé entre les doigts.

Très souvent réunis dans un coin de rue à l’ombre d’un baobab, d’un manguier ou d’un acacia selon le pays où ils se trouvent, ou encore adossés à un pan de mur au flanc d’une habitation pour ne citer que ces différents lieux, ces hommes s’activent quotidiennement dans la préparation de thé vert qu’ils sirotent nonchalamment entre eux. Une culture importée et très mal adaptée qui, avec le temps, est devenue une image d’Epinal des rues africaines des cinquante dernières années.

Je hais ces grins définis par les sociologues comme un lieu quotidien de papotage autour de l’actualité, de la vie publique et surtout privée des gens. Ces lieux qui ne sont qu’une ode aux commérages futiles et puérils et qui offrent le même spectacle choquant de la rue Woro Fila à Fanok (Dakar), en passant par le carrefour d’Haoussa Baba à Bagadadji (Bamako) jusqu’au longory de Boulbinet (Conakry). Le mode d’emploi reste le même pour ces chantres de l’oisiveté : l’assistanat, rien que l’assistanat.

Les grins sont devenus une véritable institution. Les membres des grins qui vont de simples ados aux adultes de tout âge constituent une communauté  unique de fainéants qui a su développer une tout autre variante de la répugnance au travail et à l’effort. Le comble est qu’ils se vantent d’avoir mis sur pied un espace de consolidation des liens sociaux entre eux à travers un prétendu système de solidarité. Mais la réalité est autre, car ces chômeurs intentionnels sont sous perfusion quotidienne. Ils vivent d’aides venant d’un parent en Occident ou d’un fonctionnaire de l’administration pour lequel ils s’activent dans un proxénétisme aggravé moyennant quelques rétributions.

Verre de Thé_1Je hais ces bouches à nourrir qui n’ont aucune idée de ce que peut coûter quatre heures en moyenne par jour pour un individu. Quatre heures, une durée pendant laquelle ils ont pris l’habitude d’engloutir, pendant une tournée de thé, beaucoup de sucre et gonflent ainsi   le taux de diabétiques dans une Afrique qui peine à faire face à ses « vraies » pandémies.

Quand vous épluchez un membre d’un grin, il est toujours loisible de dénicher entre ses strates le portrait craché d’un facile cintre sur jambes pour tee-shirt de campagne électorale, prompt à monnayer son suffrage contre des babioles insignifiantes et à arpenter les pavés banderole en main en beuglant « votez tel ou tel !!! ».

Je hais ces ventres sur pied remplis de DIF (dilatation intérieure de la fierté) après avoir accompli leur supposé devoir journalier autour de ce verre de thé de la déchéance.

Je les hais, tous, les uns affalés sur une chaise de maille se partageant une mèche de clope à 10, les autres se délectant dans une fainéantise gélatineuse à l’affût d’un touriste occidental pour lui proposer un verre de thé pendant une partie de causette, forcément en échange de quelques euros.

Et quand il n’est pas au chômage et qu’il bénéficie d’une situation enviable : bon salaire, femme et enfant, le grin pour lui est la couverture idéale pour se livrer à multiples relations adultérines. Un très laconique « Je suis au grin » à madame étant établi comme un passe-droit au fil du temps et donc une excuse pour cette bande de coureurs de jupons que je hais au plus haut point.

Je hais cette culture des grins de faire du thé pour s’unir ou de s’unir pour faire du thé qui n’a toujours rien produit. Continuer à faire l’impasse sur le rôle nuisible de ces voraces qui ont un demi-siècle au compteur enraye tout esprit d’entreprise d’une jeunesse africaine qui peine à se trouver des modèles.

Je les hais, ces fainéants

J’ai dit !

Solo Niaré


Les chants de l’éclipse ne résonnent plus sur l’Afrique

Carnet-afrique
La science apporte la connaissance mais l’éclipse la poésie des traditions. 

Une procession d’enfants, 14 ans pour le plus âgé, munie de boîtes de conserves vides ou de tessons de calebasses confectionnés en castagnettes, les uns pieds nus, les autres chaussés de « maraka gninty »1 sillonnent les ruelles géométriques de Bamako, pour implorer le sort. Ils chantent et entonnent ensemble :

« Diakouma yé kalo minè, ah kè Alla yé i ka bila ! »
« Le chat a attrapé la lune, pour l’amour de Dieu lâche-la ! »

Portés par le côté ludique, ils bravent la chaleur caniculaire et vont de concession en concession pour des micros sit-in  le temps de collecter une offrande que les familles mettent généreusement à leur disposition.

Eclipse copieLeur mélopée litanique dure le temps du phénomène naturel qui absorbe l’attention de tout le monde. Ils s’évertuent et s’activent avec ardeur dans ce parcours improvisé entre les venelles du quartier, convaincus que leur prière portera. Ils ignorent en ce moment que les deux astres sont juste dans un même alignement que la terre et que, sous peu de temps, ils reprendront leur parcours sur leur orbite respectif. Dommage qu’il ait manqué d’adultes disponibles pour leur faire un petit exposé sur le mouvement des planètes autour du soleil. Les programmes scolaires à ce niveau non plus n’avaient pas commencé à accorder un intérêt spécial à l’explication de ce phénomène naturel dans les classes de primaire.

La bande de marmots s’amuse et prend le temps d’observer le soleil à l’œil nu, sans filtres, ni lunettes spécialement conçues pour quantifier à temps réel l’effet de leur candide prière de gosse qui rendrait service à tout le monde. Car l’éclipse, comme la tradition l’a colporté depuis l’aube des temps, aurait une portée mystique et très généralement de très mauvais augure. Exorciser le mauvais sort comme objectif a de quoi motiver plus d’un enfant, de surcroît, agrémenter de prime sous la forme de quelques victuailles en « takoula » (galette de farine de mil), de bonbons, ou pour certains cas un peu d’argent de poche.

Ce voyage dans le temps se situe évidemment dans le début des années 80 où la vulgarisation d’information n’était pas à l’échelle de celle des années 2010.

Novembre 2013. Mais déjà des années avant, la date du 3 novembre 2013 était connue comme celle de l’éclipse de soleil que l’Afrique assisterait en première loge. Et pour aller plus loin dans la précision, la tranche d’heure exacte du phénomène et le tracé précis des zones concernées étaient connus d’avance. La vulgarisation d e l’information aidant au fil des années, les processions de ces « enfants de l’éclipse » dans les rues se font rares et se retrouvent sur la Toile.

Ainsi s’éclipsent les soleils et les traditions

@SoloNiare

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Maraka gninty 1 : Décrit comme des chaussures fermées à la mode chez les Soninké venant des zones rurales, elles sont en plastique avec plusieurs trous comme une passoire. C’est un terme à plaisanterie entre les sanakou (alliance inter ethnique sur la base de vannes)


Soundiata Keïta : L’apologie du pire esclavagiste de l’Afrique au Sud du Sahara

soumangourouLe principe de la « version des vainqueurs » omet intentionnellement de dire que Soundiata Keïta s’était aliéné avec les Almoravides pour combattre Soumangourou Kanté. Des siècles d’impostures soutenues par une version formatée de l’histoire et acheminées, contre leur gré, par une partie des griots, la mémoire d’une culture en perdition.

C’est une institution qui est certes attaquée à travers ce texte, mais un besoin d’éclaircissement s’impose tant le mensonge qui la caractérise est gros et répugnant.

L’opposition farouche du royaume Sosso aux dogmes venant des pays du sable et son refus catégorique de voir prospérer le trafic d’esclave du pouvoir de Niani (capitale de l’Empire du Mali de Soundiata Keïta) avec ces mêmes Almoravides a valu à Soumangourou d’être relégué au rang du Roi sanguinaire et tyrannique que l’histoire nous a injustement transmis.

Le déclin de l’empire Sosso a non seulement ouvert les vannes du plus grand négoce d’esclaves noirs entre le Sud et les Almoravides du Nord, mais surtout, il a permis 9 siècles d’égarements culturels que l’Afrique Sud Saharienne subit. À titre d’exemple, du nom de Dieu aux jours de la semaine dans les différents dialectes passant par les prénoms les plus usuels, pour ne citer que ceux-ci, tous ont fait objet d’une outrancière arabisation sinon d’une substitution pure et simple.

Certains détails avancés plus haut sont encore présents dans les témoignages reçus des griots, les seules mémoires restantes de ces époques grossièrement transmises.

Ecoutez les griots avec attention, leur parole, pleine de sagesse, est truffée d’indices qui vous mettront la puce à l’oreille si jamais ce micro billet n’atteint pas cet objectif.

Solo Niaré
@SoloNiare


Je l’ai mon contrôle au faciès, hourra* !

Controle au Fa23h10, le RER me dépose à ma station, une des moins fréquentées de ma ligne. Nous sommes quatre à descendre de la même voiture qui donne sur l’unique sortie du quai. Indice suffisant pour comprendre que nous sommes des habitués de la ligne car repérer la voiture qui donne immédiatement sur la sortie d’une station s’acquière dans sa fréquentation. Après 500 m de trotte, le petit groupe que nous formions, chacun à son rythme, se sépare. Je suis maintenant seul dans la rue car mon domicile est un peu plus loin de la gare. Ce bout de chemin restant, je le connais par cœur au commerce, au pavé, au lampadaire et à la  signalétique près. Le calme des 3 rues qui forment mon parcours ne donne place qu’à une observation détachée du décor et du mobilier urbain tout autour. Finalement, je me laisse sereinement avaler les distances comme à l’accoutumé jusqu’au digicode de mon entrée.

Soudain, je vois des ombres furtives dans la pénombre d’un distributeur automatique. Chose qui me sort de la torpeur habituelle de cet instant que je vis tous les soirs à mon retour du travail. Je prends inconsciemment 5 secondes d’arrêt, par curiosité désintéressée, pour voir ce qui vient empiéter sur le calme habituel de mon parcours. Je distingue les silhouettes de 5 personnes dont une plaquée au mur. Cette dernière subit une espèce de violence que je ne peux discerner à l’instant précis. Immédiatement, je vois débouler vers moi un type, 1m68, nerveux, vif qui tout en me précipitant vers le mur me demande ce que je fous là à les regarder. Le bout de rose fluo de son brassard et celui des 3 autres m’indiquent alors que j’ai certainement à faire à des agents de police.

Je me laisse faire.

Les tweets ci après postés à chaud 10mn après décrivent au mieux les minutes qui vont suivre.

 

Que la police soit échaudée après plusieurs faits divers autour de contrôles violents ou répétés sur une catégorie de citoyen donnée est une réalité, l’exaspération des personnes qui les subissent et qui le font savoir par des moyens qui n’entrent pas dans le cadre de la loi n’est pas à négliger.

Mais, quelqu’un qui n’a rien à se reprocher ne devrait logiquement rien craindre de l’institution policière. A part générer des stress permanents, ce genre de comportement venant d’un policier ne sert absolument à rien. Un problème d’autorité ? Cet incident était tout sauf un contrôle aléatoire. Je ne m’aventurerai pas à dire combien de trafics ont été démantelé en agissant ainsi. Et je ne soutiendrai pas non plus que ma physionomie et ma tenue vestimentaire me dispensaient cette nuit de subir un contrôle de ce type, si jamais c’était le cas. Je serai alors passible de discrimination au look car le délinquant n’a pas un profil type, il ressemble à tout le monde.

Je suis rentré chez moi avec ce sentiment effroyable que dehors on peut aussi bien se faire agresser par un voyou, contre lequel une riposte d’auto défense est permise, que par un dépositaire de l’autorité publique appartenant à l’institution censée nous protéger, et ce sans réel moyen de recours car il s’agit de sa parole contre la votre (récente jurisprudence).

Solo

 

Hourra* : le sujet est d’actualité, j’ai des éléments pour en parler.


« Vous vous suivez mutuellement », la truculente mise à jour de Twitter

Twitter, en voulant discrètement procéder à une nouvelle mise à jour, comme dans ses habitudes, s’est pris les pieds cette fois-ci dans une buzz qui suscite d’énormes fous rires sur la toile. Celui-ci risque de s’inscrire dans les annales du réseau de microbloging comme sa part de loupé du genre. En effet, lorsqu’on inscrit le pseudonyme d’un twittos1 dans la barre de recherche, l’interface affiche en dessous un burlesque « Vous vous suivez mutuellement » pour quelqu’un qui vous suit et que vous suivez en retour.

Les twittos ne se sont pas fait prier pour saisir aussitôt au bond cette opportunité pour rivaliser dans un concours de vannes des plus tordantes. Il faut dire que le libellé de cette mise à jour, « Vous vous suivez mutuellement », prête sérieusement à confusion avec les multiples allusions qui peuvent s’en dégager.

Les avis sont partagés, mais restent tous unanimes sur le ridicule de la situation. Pendant que certains utilisateurs voient ironiquement dans les sous-entendus une tacite niaiserie des abonnés dont Twitter douterait de la faculté de saisir l’un des principes de base du réseau, notamment le follow2 et le followback3, d’autres y trouvent un accent bestial comme celle d’une meute de chiens qui se reniflent à la queue leu leu pendant une période de rut. 

 

Pour l’instant, les tweets en réaction à cette nouveauté défilent de jour en jour sur les timelines4, mettant en avant la surprise des internautes devant cette amusante découverte mais surtout leur inspiration très féconde en matière de quolibets.

 

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1- Un twittos est un utilisateur plus ou moins actif de twitter.
C’est la personne que l’on peut suivre, celle à laquelle on peut s’abonner.

2- Follow un compte sur Twitter consiste à s’y abonner

3- Le followback consiste pour un titulaire de compte sur Twitter de s’abonner en retour au compte de ses nouveaux followers.

4- La Timeline ou TL est la page sur laquelle est publiée et classée les tweets du plus récent au plus ancien.

 


Braconnage : le rhino, « bête de sexe »

Les chiffres sont effrayants. Malgré l’interdiction, le cap des 500 rhinocéros braconnés a été dépassé depuis le début de l’année 2013. A ce rythme, tout laisse à croire que des sommets de la bêtise humaine seront atteints au détriment de la protection d’une des espèces animales la plus en danger d’extinction immédiate. Les seuls chiffres faisant état du massacre, pour leur corne, de 668 rhino en 2012, 448 en 2011, 333 en 2010, 122 en 2009, 83 en 2008 et seulement 13 en 2007 auraient pu inciter à prendre des mesures beaucoup plus efficaces que celle mise en place depuis des lustres et qui peine à mettre fin à ce fléau.

Rhino braconnageMalgré le cantonnement du cheptel restant dans les parcs nationaux et privés, la mobilisation d’unités spéciales des différentes armées des pays concernés en Afrique et, finalement, l’empoisonnement des cornes pour les rendre impropres à la consommation, le rhinocéros continue d’être traqué jusque dans ces derniers retranchements et fusillé à la kalachnikov là où sa sécurité devrait être indiscutable.

Une seule cause à cet horrifiant massacre : un lucratif trafic découlant de la vente des cornes de rhino à prix d’or. A la manœuvre, de puissantes organisations mafieuses supervisant cette contrebande n’hésitent plus à organiser le braconnage comme de véritables opérations de guerre.

Considérée comme un puissant aphrodisiaque dans plusieurs pays d’Asie, la corne de rhinocéros y est négociée à des tarifs dépassant le prix de l’or et de la cocaïne. Une croyance asiatique attribue à sa poudre un pouvoir qui rendrait plus viril et augmenterait les performances sexuelles au même titre que la stimulante pilule bleue, viagra® de son nom.

Pourtant, toutes les études scientifiques sont unanimes pour démontrer que ces affirmations sont loin d’être fondées. La constitution des cornes de rhinocéros se résume principalement à une très forte concentration en kératine, la même matière qui entre dans la composition de nos ongles, de nos cheveux et des sabots des équidés, des cervidés et de certaines autres espèces animales.

Et si la sensibilisation au braconnage passait par le sexe

L’intérêt grandissant des puissantes organisations mafieuses pour ce trafic est fonction de la demande. Prendre à bras le corps toutes les initiatives qui ralentiraient cette demande pour peser sur l’offre serait une alternative sérieuse à tous les combats menés jusqu’ici. De ce point de vue, on devrait commencer à prendre à partie cette croyance fallacieuse, qui fait de la poudre de corne de rhino, cet objet si convoité par les gens en manque d’érection. Si les braconniers ne lésinent plus sur les moyens jusqu’à étendre une corruption à tous les niveaux de la chaine de protection de ces animaux, en face, le combat devrait s’organiser sous un angle plus ingénieux pour une victoire certaine.

Avis à ces messieurs

Le brevet du Viagra étant tombé dans le domaine public après 15 ans de monopole, pas moins de 15 génériques à des prix défiant toute concurrence pullulent aujourd’hui sur le marché. Pourquoi ne pas lancer sa vulgarisation dans une campagne virale auprès de ces fous de sexe qui favorisent ce trafic. Ce qui est certain, ils banderont plus en se rongeant les doigts ou en dégustant une salade de cheveux qu’en snifant des défenses de rhino.

Solo


Fronde anti-religions : le prêche d’un suicidaire convaincu

Quand catholicisme, Islam, us et coutumes d’Afrique en prennent pour leur grade par un infatigable incroyant.

Facebook s’illustre depuis quelques jours avec une hallucinante publication qui est partie pour faire longtemps parler d’elle. Une vidéo dont le contenu est à la base d’un incroyable buzz sur Face 24, une page communautaire parodique et humoristique de France 24, la chaîne de télévision d’information internationale française en continu.

Elle met en scène dans une rue piétonne d’Abidjan, la capitale ivoirienne, un jeune à l’allure d’étudiant, prêchant face à un public résolument acquis à sa cause, des propos outrageusement christianophobe, islamophobe, anti tradition, pro polygame, bref, des thèmes polémiques qui siègent à la une de l’actualité anxiogène des deux dernières décennies. Ce qui est autant plus ahurissant, c’est la pointe d’inconscience avec laquelle il mène sa fronde d’agnostique là où d’autres restent timorés. Le tchatcheur d’Abidjan se lâche et proclame une insoumission d’une rare vigueur au politiquement correct tellement il y va franco dans sa diatribe.

Dans un français ivoirien, empruntant au besoin des formulations verbales à quelques dialectes locaux, les prises de position, la mise en scène, l’interaction avec l’auditoire et la rhétorique de l’orateur nous ramène sans coup férir au très volubiles et amusants « Sorbonniens » des années Henry Konan Bédié, Robert Gueye et Laurent Gbagbo.

Pour mémoire, il y a quelques années, à Abidjan, se développaient des espaces spontanés dont le plus illustre est la « Sorbonne » du Plateau, en référence à la grande université parisienne dont elle tire son « sobriquet ».

Ces espaces, dédiés au verbe libre se vantent d’être les baromètres de la démocratie ivoirienne. Ces forums sont des lieux de regroupement pour des jeunes ivoiriens en soif d’expression sans tabou sur tous les thèmes possibles. Qualifiés de « regroupements de personnes désœuvrées » par la presse locale avec laquelle ils ont toujours eu maille à partir, ces tribuns des rues sont des sortes d’éclairés dans plusieurs domaines, de réels « imbattable» sur les sujets qui les passionnent.

Ces intellectuels des rues d’Abidjan se sont fait remarquer, à chacune de leur prestation, comme de puissants débatteurs, infatigables et pétris de connaissances sur tous les sujets abordés dans un étonnant franc-parler de nos jours. Et comme ils le disent, eux-mêmes, dans un slogan qui les définit à merveille : « Notre langue ne porte pas de caleçon quand bien même la bouche a une discipline.»

Pour revenir à cette vidéo, la pugnacité de l’orateur et sa verve très acerbe contre les dogmes révélés et non révélés en font un cas intéressant. Avec autant d’audace, elle ne pouvait susciter que ces centaines de partages et de commentaires sur le net. Les débats autour des religions et autour de la perte de vitesse actuelle des valeurs traditionnelles africaines ont, du coup, fait peau neuve.

Solo Niaré