Cahier d’un retour au pays colonial

Article : Cahier d’un retour au pays colonial
24 février 2013

Cahier d’un retour au pays colonial

L’Afrique les appelle « Patron » ces Toubabs qui s’y plaisent.

Casque colonial 2
Casque colonial Mdle. Source https://goo.gl/0iffo

Hélé « Mundélé » (le blanc en Lingala), assis à l’arrière d’une grosse berline allemande à air conditionné, Jean-Pierre, ignorant tout de la chaleur suffocante sur le trajet de son travail, n’entend rien de la petite euphorie que ses passages réguliers provoquent sur l’artère principale de Matongué, quartier populaire et hyper animé de la ville de Kinshasa. Le jeune diplômé en BTS de gestion adopte désormais un costume cravate comme code vestimentaire du Directeur des risques qu’il est devenu aussi étonnamment vite dans la succursale africaine d’une grande banque qui a pignon sur rue. Son look fait forte impression chez les locaux qui sont adeptes d’une tendance qui place « le vêtir au bon goût » au centre d’une nouvelle culture en vogue. Jean-Pierre est un de ces expatriés devant lesquels toute volonté s’efface pour faire place à une obéissance démesurée due aux avantages que son statut lui confère. En être conscient et s’en réjouir, c’est peu dire. A force, Jean-Pierre, avec le personnel directement affecté à sa charge privée : chauffeur, cuisinier, domestique, jardinier et vigile, a franchi les limites de l’accommodation. Il en a développé un instinct de « maître » qui rappelle tristement celui tant décrié des petits seigneurs des temps de l’enclos colonial.

Bernard Kouchner, ami d'Alpha Condé (Guinée), dans sa seconde vie comme un pacha à Coléah, banlieue de Conakry
Bernard Kouchner, ami d’Alpha Condé (Guinée), à Coléah, banlieue de Conakry. Retraite dorée ? (Photo : lexpress.fr)

Interpelé « Foté » (le blanc en Sousou) dans les rues de Conakry, Nicolas se fraie un chemin au bord de son pick-up 4X4 dans l’embouteillage qui part du quartier Dixinn au centre-ville de Kaloum. Il dépasse le célèbre hôpital Donka avec une indifférence qui contraste avec le motif de sa présence dans cette ville. On est loin de cette année où, fraîchement débarqué en mission pour une célèbre ONG, Nicolas était prêt à tous les sacrifices pour « faire de l’humanitaire » sa seule raison d’être. Les années ont passé, et avec, le samaritain des premiers jours, prêt à se vider de tout son sang et à donner jusqu’à sa moelle épinière pour sauver ce petit môme aux yeux globuleux dans l’attente d’une greffe. Son entreprise de sécurité privée a prospéré au prix d’une adaptation sans précédent à toutes ces recettes dénoncées par les militants pour la moralisation de l’administration et des droits de l’homme. Craint et réputé sulfureux, l’ex humanitaire oppresse son personnel et bénéficie d’une complaisance sans pareil à chaque dérive.

La «Toubab mousso» (femme blanche en bambara) lancée par la petite vendeuse, onze ans environ, s’adressent à Nathalie et son escorte de domestiques, entre les allées du grand marché Dibida de Bamako. Croulant sous le poids de son plateau de fruits et légumes, la gamine joue des coudes contre d’autres marchandes, trois fois son âge, pour saisir l’opportunité de vente qui se présente à elle.

Mes papayes et mes goyaves sont les meilleures, madame et à bon prix, lui lance-t-elle en lui obstruant le passage.

L’esquive de Nathalie, actuelle promotrice d’une école maternelle à Quizambougou, est celle d’une longue accoutumance à une scène qui se renouvelle au fil de ses emplettes hebdomadaires. Elle joue sur cette concurrence pour alléger son budget. Celle qui fut naguère la tonitruante activiste pour la cause des enfants, qui découvrait la rive gauche du fleuve Niger et tombait amoureuse du Mali manque curieusement de réaction face à cette anomalie. Nathalie vit comme une reine mère et sa cour dans la deuxième commune de la ville où elle disait venir « sauver les enfants, car ceux-ci n’attendaient qu’elle ». Sa métamorphose interpelle et inquiète.

Toute coïncidence ou ressemblance avec des personnages réels détectées dans ces trois anecdotes ne saurait être ni fortuite ni involontaire. Elle annonce l’avènement d’une « Toubaboisie », un comportement qui semble jaillir des méandres des temps coloniaux. Sans vouloir ressasser les vieilles rancœurs, les causes sont multiples et peuvent être situées chez les uns comme chez les autres.

Africain en Casque colonial_1
Jeune sapeur africain en casque colonial.

L’Afrique n’a que des «Oui, Monsieur » ou « Patron » comme appellation pour ce microcosme d’expatriés qui se remémore le bon goût du casque colonial comme couvre chef. Elle les entretient à coup d’emplois rêvés sur des plateaux d’or, de domestiques et de nounous là où l’Europe leur réserve toute sorte de redevance et de taxe accompagnée du stress invivable du métro-boulot-dodo. Toutes les contrées africaines deviennent subséquemment des destinations qui assurent un bon niveau de vie pour toute expatriation.

L’inexistence d’un cadre relationnel d’égal à égal entre Africain et Européen est forcément une des causes non négligeable de ce fléau qui prend de l’ampleur. S’il a fallu un terreau fertile à cette plaie, c’est l’africain lui-même qui s’est attribué le rôle infâme d’humus sur lequel les restes infects d’un colonialisme d’antan ont repris du souffle.

Sur la place de l’indépendance à Bamako, le « Merci Papa Hollande » sur les banderoles en reconnaissance à l’action de l’armée française au Nord du Mali est symbolique de cet état d’infantilisation. Prompt à se mettre en posture d’infériorité et à implorer un regard paternaliste de l’occident, l’Afrique se réduit en un lieu où presque tout semble être permis pour certains Toubabs. Les exemples s’égrainent et suscitent à tout point de vue des réactions d’écœurement : une justice françafricaine à géométrie variable qui se montre clémente envers un blanc qui ôte la vie d’un Africain supposé bandit, il semblerait ne pas y avoir mort d’homme (Affaire Mahé) ; un rapt maquillé de la centaine de gosses tchadiens par l’ONG «Arche de Zoé» ; des charters de sexagénaires venant périodiquement de Scandinavie pour les délices d’un tourisme sexuel qui ne dit pas son nom sur les plages gambiennes…

« Si tu te comportes en crabe, on va te manger avec beaucoup de bruit », ce proverbe africain n’est pas loin d’illustrer la « toubaboisie » qui se fait lancinante et s’affiche comme un fléau qui prétend à de brillants beaux jours. Par le simple fait d’éveiller l’instinct de prédateur d’un fauve en adoptant un réflexe de proie potentielle, l’Afrique, aujourd’hui, se condamne à une relation de soumission avec ses « partenaires » occidentaux qui s’institutionnalisera et ne fera qu’accroître les abus et tromperies dont on connaît déjà les principales victimes. Le plus faible étant celui qui s’en tirera logiquement avec la note la plus salée… ou figurer dans le menu du glouton.
Solo Niaré

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Commentaires

Sylla
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Tout cela est beau a ecrire. Toute fois, j'imagine que les reponsables de cet etat de fait ne sont pas tous les africains mais nos differents chefs.

Krasny Oktyabre
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Donc c'est 3 blancs là, sur 1 milliard d'Africain sur le continent qui sont la cause de tout ? J'ai des doutes ...

Encore une article (ils sont des centaines à se copier-coller de la sorte) qui se complait à se croire colonisé et à s'imaginer, se rêver, en train de lutter (derrière son clavier) pour l'émancipation d'un peuple dont depuis longtemps il ne fait plus partie.

Si seulement le problème était ces 3 pauvres blancs, alors il serait facile à régler. En revanche, pour la classe bourgeoise Africaine (bien plus nombreuse !) et qui se comporte de manière bien pire que tous ces blancs que vous semblez adorez détester, là on ne dit rien, on ne dit jamais rien .... normal ... on bouffe dans leurs mains ...

KIKIkouture
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@KrasnyOktyabre ne saurait etre plus clair et précis....la paille et la poutre, les seuls à blâmer sont nous même apprenons à prendre en main notre destin au lieu de pleurer que c'est la faute de l’étranger (qd ça vire au vinaigre). a nous d’être plus intelligent quand ils débarquent à refuser le poisson qu'ils nous lancent et à exiger d'avoir la cane et le moulinet en main. sa suffit le papier avec titre plus bidon qu'accrocheur. changeons de mentalité

supercoucou
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je suis blanc, je vais souvent en Afrique. Je me comporte la bas comme je me comporte en France : j'aime les petits privilèges comme tout le monde, et si il y en a un qui se profile, j'en profite souvent, comme les autres d'ailleurs.
arrêtons d'être hypocrites monsieur le donneur de leçons...
La faute au blanc, toujours le blanc ! ...ahah...
Combien est ce que j'ai d'amis africains qui se comportent -au minimum - comme ce que vous décrivez, habitués qu'ils sont aux histoires "d'ethnies inférieures", de classes 'différentes', de manières de petits chefs de la bourgeoisie africaine; qui se sentent encore plus importants en commandant leurs congénères....
Combien d'entre eux, sont justement, dans des ONG pour aider les leurs ? (quoique cela tendent enfin à évoluer de ce côté là...)
SVP. arrêtez votre morale de comptoir de bar.
et vous ? vous êtes dans une ONG ? vous donnez beaucoup de votre personne ?

Ouaga
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Moi je pense surtout qu'il faut apprendre à lire sans passion. Ce journaliste n'est nullement un donneur de leçon à qui que ce soit. Il analyse froidement la situation. Il y a des gens qui se sentent morveux et se mouchent au point de rompre leurs narines. Le monsieur dénonce tous les travers de cette situation. Quand il parle de l'inscription "Papa Hollande" ce n'est surement pas un Blanc qui a écrit cela... Je pense que cette phrase « Si tu te comportes en crabe, on va te manger avec beaucoup de bruit » en dit long sur ceux là même qu'il accuse de "s'infantiliser". Arrêtons de jeter le bébé et l'eau du bain. Replaçons ce papier dans son contexte et nous en ressortirons grandis cher blancs fâches. Le problème n'est pas "les blancs" ou "les noirs". Le vrai problème ce sont tous ces salopards qui pompent nos populations de façon honteuse et inhumaine à fond pour des intérêts purement égoïstes... A bon entendeur...

mwenyefilm
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Pourquoi faire tache blanche Sur un drap noir ? La mondialisation c'est pour tout le monde . Que la chance appartienne aux audacieux .

Krasny Oktyabre
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@ Ouaga :

D'accord avec toi que le problème n'est pas "les blancs" ou / et "les noirs" mais dans ce cas l'auteur s'est laissé aller à une facilité en passant la moitié de l'article avec ses histoires de "blancs" là justement. La réalité c'est que le terme patron n'est PLUS (et depuis trèèèèèèès longtemps) réservé aux blancs. C'est un statut social tout simplement que l'auteur lui même envie. Et il essaie de faire passer sur le dos des blancs le fait qu'il n'est pas un patron chez lui peut être ? ;) Allez Allez ... rentre au pays Solo et on t'en donnera du PATRON ! Ou bien continue à t'épanouir au pays des blancs, derrière l'eau, en France ! :) Car c'est bien ça la réalité aussi que ne te décrit pas cet article. Toute cette floraison d'auteur "conscient" qui se donne de la rebellitude en posant avec des airs de gros bras anticoloniaux sont d'abord et avant tout des gens qui S’ÉPANOUISSENT personnellement et professionnellement en France ! (Mais le dire serait avouer que la vie est plus compliqué qu'un post de Mondoblog)
Et qui aimeraient faire croire à leurs parents restés au pays qu'il souffre tellement ! (Mais pourquoi ne rentre t'ils pas alors ?)

Sacha
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Hum...perplexe. Quelle est la volonté de l'article ? Dénoncer le fait que des petits blancs soient venus "se chercher" en Afrique et y deviennent des vieux cons blancs en s'embourgeoisant. C'est possible et c'est pas cool, d'autant que sur le terreau des inégalités sociales progressent les comportement de petits blancs néo-coloniaux. Toutefois il me semble que j'aurais toujours plus de respect pour la travailleuse d'ONG qui a commencé avec ses tresses, son boubou et son nom malianisé, même si c'est pour monter plus tard une boutique, une agence immobilière ou autre à Bamako ou Ouaga que pour l'expatrié venu au pays attiré par le contrat que lui propose Bolloré, Total ou Areva. D'ailleurs du fonctionnement de l'ONG mendiant à coups de propales des fonds de l'Union Européenne, de la Banque Mondiale ou de la coopération britannique à celui d'une entreprise familiale capitalistique, lequel est le plus moralement répréhensible ? Après il est effectivement possible que ces deux types de personnes partagent les mêmes stéréotypes : le gosse croisé dans la rue dont la première image est celui du shégué à Kin ou du talibé à Dakar, alors que c'est peut-être le fils de vos voisins.

Mais ne vient-on pas "se chercher" toujours ailleurs que l'on soit blanc (ou noir et européen) en Afrique ou que l'on soit noir en Europe, que l'on soit Japonais en Amérique latine, ou Européen en Australie ? Et ne devient-on pas toujours plus con et moins proche de la réalité des gens socialement dominés à mesure que l'on s'embourgeoise ? Mais a contrario, n'est-ce pas en se cherchant ailleurs que l'on peut déconstruire ses propres stéréotypes ? Même si les exemples que vous citez ne semblent pas y être parvenus, ne pensez-vous pas qu'il soient possible de le faire ?

Par ailleurs, pourquoi renvoyer ces blancs-là à un cadre misérabiliste qui serait celui de l'Afrique pauvre : le blanc riche dans l'Afrique pauvre ? Alors même que des mouvements progressistes partout se battent contre cette image réductrice et veulent donner une autre image du continent ?

Vous écrivez : "l’inexistence d’un cadre relationnel d’égal à égal entre Africain et Européen est forcément une des causes non négligeable de ce fléau qui prend de l’ampleur." Pensez-vous vraiment que ce cadre n'existe pas ? La France n'en fournit-elle pas le meilleur exemple, elle qui se refuse à poursuivre bien souvent -et par exemple- des Rwandais qu'elle a soutenu dans leur entreprise d'extermination de leurs frères ? N'y a-t-il pas là collusion d'intérêts évidente qui créée ce cadre (pour le pire je le concède) ? N'est-ce pas parce que ce cadre existe que Laurent Gbagbo, alors simple opposant et militant socialiste, a été soutenu par ses camarades de toute l'Europe...et ce après même son accession au pouvoir et les dérives nationalistes d'un pouvoir corrompu ?

Vous semblez vouloir décrire un problème racial, quand je n'y vois qu'un problème social. Vous décrivez des gens comme il y en a beaucoup et quelles que soit leur couleur de peau qui se corrompent dans le soutien à des régimes peu scrupuleux en matière de droits de l'homme, ou trop prompts à retrouver des comportements de "petits blancs". Alors ce sont des cons comme il y en a beaucoup c'est vrai. Mais vous décrivez aussi des gens qui s'accoutument à un environnement qui n'est pas le leur au départ et qui s'y adaptent, même si cette adaptation peut être caractérisée par le refus de regarder le gosse des rues qui a besoin d'une greffe (d'ailleurs pourquoi lui seul ? et pourquoi les Européens que vous décrivez sont tous blancs avec des prénoms chrétiens ? bref....trop de stéréotypes)...je vous suggère juste de parler avec des personnes qui ont vécu des guerres : on s'adapte à tout, à la vie, à la mort, au froid, au chaud, à la misère...souvent pour ne pas crever.

Bref, bonne continuation. On pourrait continuer longtemps sur ce sujet.

Krasny Oktyabre
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"Vous semblez vouloir décrire un problème racial, quand je n’y vois qu’un problème social. "

=> Merci là-bas ! :) "Blanc n'est pas tant une couleur en Afrique qu'un statut social qu'on t'accorde que tu le veuilles ou pas, que tu le mérites ou pas, que cela te sied ou pas, comme le fait l'auteur de l'article à certains égards.

"Bref, bonne continuation. On pourrait continuer longtemps sur ce sujet."

=> Clairement oui.

Krasny Oktyabre
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"D’ailleurs du fonctionnement de l’ONG mendiant à coups de propales des fonds de l’Union Européenne, de la Banque Mondiale ou de la coopération britannique à celui d’une entreprise familiale capitalistique, lequel est le plus moralement répréhensible ? "

=> Aucun des deux ! L'ONG travaille avec l'argent public glané par les impôts des grosses boites capitalistiques. Il n'y a pas pas tant de morale que ça à mettre dans ce débat.

Manyyyyyyyy
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@supercoucou @Krasny Oktyabre @KIKIkouture je ne vais pas m'étendre longuement sur vos commentaires. Vos réactions outrées et nerveuses prouvent bien que l'auteur touche un problème de fond puisque vos arguments se font pauvres en pertinence. Connaissez vous personnellement l'auteur pour décréter que c'est un africain frustré ? vos généralités servent t-elles à réfuter objectivement ces propos ? vous vivez en Afrique mais vous êtes incapables de saisir la complexité du continent et vous allez jusqu'à nier ce que tant de monde a largement démontré: la persistance de certains mécanismes socio-économico-politique hérités directement du colonialisme !!! Cessez de croire que nous vivons dans le monde des bisounours où l'on aurait dépassé la dichotomie noir/blanc. Elle existe et pourrit toujours nos sociétés que l'on soit en France ou en Afrique (pas besoin d'y retourner mr @KrasnyOktyabre, votre argument est merdique sinon remettons en cause votre utilité à commenter cet article !) quant à l'attitude de colons des élites africaines ce n'est pas parce qu'elle n'est pas évoquée (c'est un article !!) qu'elle est niée et encore moins l'attitude hautaine, condescendante et méprisante de toute personne "bourge" qu'elle soit blanche ou noire ! Doit-on vous rappeler qu'il s'agit d'un article qui consiste à traiter une réalité sous un angle de vue ! Qui parle d'accuser les expat's de tous les maux de l'Afrique ?? si ce n'est de dénoncer une lourde tendance à oublier toute conception d'égalité et se laisser aller à des réflexes et des comportements dû à ce complexe de supériorité qu'on inculque et qui vous colle à la peau chers blancs ! Personne ne se pose en victime !
Même si certains viennent avec la meilleure volonté du monde et de justes causes, je ne vois pas en quoi ils ne peuvent pas être la cible de critiques il n'y a pas de saint sur cette terre et ce que j'aime dans ce papier c'est qu'il parle d'un sujet que j'ai rarement entendu ds les médias alors que je le constate qd je voyage au Kongo !
Pr finir, je souhaite répondre @Sacha qu'il ne faut pas tout amalgamer il s'agit ici de parler des expatriés blancs qui vivent dans la société civile et non des politiques.
L'idée de se chercher est valable sauf que tous vous persistez à nier le contexte socio-historique de l'Afrique, le regard qu'on lui porte, chargée d'idées préconçues qui aboutissent à ces dérives. l'article ne cherche qu'à démontrer cela tout en soulignant que l'attitude des Africains est le moteur du problème et ce sur quoi il faut travailler !!!
De plus, pour fréquenter énormément de personnes d'origine diverses je constate une réelle spécificité concernant l'Afrique. Les arguments de mes amis blancs pr vivre en Afrique ou en Asie (dans les parties pauvres du continent asiatique) n'ont absolument rien à voir !!!
Vous continuez de tout amalgamer en parlant d'adaptation du comportement des expat' en ramenant cela à une cause individualiste alors que cette réalité que vous affirmez de stéréotypée, par son ampleur doit absolument s'analyser en des termes sociologiques car l'entre-soi, l'entre-aide des expat's blancs est là et justifie l'excellent néologisme de "toubaboisie".

Krasny Oktyabre
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"Connaissez vous personnellement l’auteur pour décréter que c’est un africain frustré ?"

=> Non effectivement, je ne le connais pas personnellement, tout comme lui non plus lorsqu'il s'est agit sur la base de mon nom et prénom donné dans un formulaire confidentiel et de quelques recherches sur Google de décrédibiliser mon propos sur le simple fait que je serais blanc. Les commentaires et propos ont été effacé depuis (et j'en remercie l'auteur du blog) mais il s'agissait ni plus ni moins d'un outrancier délit de faciès à mon encontre. Tout à fait de ceux qui sont dénoncés dans le métro dans un autre billet plus avant. Bref, cela peut expliquer que ma réaction ait été nerveuse certes.

"L’idée de se chercher est valable sauf que tous vous persistez à nier le contexte socio-historique de l’Afrique, le regard qu’on lui porte, chargée d’idées préconçues qui aboutissent à ces dérives. l’article ne cherche qu’à démontrer cela tout en soulignant que l’attitude des Africains est le moteur du problème et ce sur quoi il faut travailler !!!"

=> Absolument pas (pour ce qui me concerne). Je ne nie RIEN de ces éléments là. Je dis juste que l'article passe à coté de sa cible dans ce cas (si c'est son but). Car on ne comprend à vrai dire pas clairement ou veux en venir l'auteur pendant les trois quarts de l'article. On a une impression de "lâchage" sur les blancs, un peu gratuit, un peu aigri, pour vers la fin entrevoir ce qu'il veut dire. Mais c'est étrangement amené comme conclusion.

Pour ce qui me concerne, je n'ai aucun problème à mettre les gens devant la réalité des choses. Comme on dit "chez moi" : La vérité rougit les yeux mais ne les percent pas !". Seulement, ce que je crois important c'est de ne pas etre complaisant avec quiconque dans ce débat. C'est une histoire de relation, de dialectique, je suis d'accord. Mais pour autant il n'y a pas le camp des victimes ad aeternam et celui des dominants de tout temps.

Et pour être encore plus clair dans cette galerie de portrait que nous propose l'auteur (et ce dans la droite ligne de ce que tu admets Many sur les bourges Africains) il aurait fallu mettre en situation ces gens-là aussi pour montrer de quelle manière ils reproduisent et perpétuent encore bien pus efficacement que les quelques blancs qui trainent encore sur le continent ces phénomènes d'acculturation et de domination.

En conclusion, ce que je reprochais au billet c'est pas tant de n'importe quoi sur le fond que de se laisser aller, par facilité, par une certaine "paresse" intellectuelle, à une présentation trop simpliste des choses pour conclure sur une question néanmoins réelle.

"ous vivez en Afrique mais vous êtes incapables de saisir la complexité du continent et vous allez jusqu’à nier ce que tant de monde a largement démontré: la persistance de certains mécanismes socio-économico-politique hérités directement du colonialisme !!!"

=> Pour ce qui me concerne je ne pense pas. Ce que je dis en revanche c'est que l'Afrique ce n'est pas QUE le colonialisme et les Africains ce ne sont pas QUE des descendants de colonisé.

Cette manière de se voir en victime perpétuelle plutôt qu'en survivants, en combattants, est effectivement quelque chose que je combat intellectuellement dans mes discussions en Afrique.

conakryka
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M. Solo à fait part d'une complaisance qui s'est fondamentalisée dans la conscience des africains. Alors, à l'heure du 21 ème siècle, il est de mon devoir de dire à tous les africains qu'ils ne devaient plus avoir ce complexe d'infériorité. Nous devons les traiter d'égal à égal. L'Afrique est continent d'avenir. Ils ( les européens) se prosterner en Afrique pour avoir de quoi pour vivre. Ne baissez pas les bras, il faut que nous ayons une société civile responsable, nous ne devons plus compter sur nos politiciens. Parce qu'ils croient que sans le soutien de l'exagone, ils ne pourront pas gouverner leurs pays respectifs. Essayons d'instaurer une vraie démocratie ou le peuple a toujours le dernier mot.
À bon entendeur!

Abdoulaye Bah
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Bravo Solo! Avec un blog, on écrit ce que autrefois on gardait au fond de soi-meme, à moins d'ouvrir son cahier intime comme on faisait avant l'apparition de cet outil dénommé Internet. Et lorsque l'on exprime ses pensées, c'est beau de savoir que quelqu'un nous écoute. Dans le cas de cet article, nous sommes nombreux à t'avoir écouté.
Ceux qui te traitent de raciste ignorent qui tu es et ne font pas l'effort de le savoir. Il faudrait peut-etre leur faire cadeau du livre de Franz Fanon "Peau noire, masques blancs", paru en 1952 qui traitait déjà du comportement des noirs qui agissent comme des blancs. Certes, il y a bcp d'entre nous qui se comportent ainsi, sans d'ailleurs le vouloir. Dans de nombreuses capitales africaines, si tu disposes d'un revenu à peine supérieur à la moyenne, les gens t'identifient tout de suite et t'appellent patron. Tu n'y peux rien. Dénoncer le comportement de certains européens, ne veut pas dire nécessairement que l'on les condamne. On constate leur situation et leurs privilèges. C'est!!!

Ponds-nous un autre billet aussi percutant, avec cette qualité du style que je n'ai pas manqué de te dire combien j'appréciais depuis le groupe que tu avais créé il y a 4 ou5 ans contre le pouvoir militaire en Guinée.

Krasny Oktyabre
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Oui, Abdoulaye, tu as raison, Franz Fanon avait déjà superbement dit tout ça il y 60 ans déjà ! C'était quelque part le sens de notre post. Le billet n'est pas tant inintéressant sur le fond que mal calibré sur l'axe choisi et sur la forme. Plutôt que de faire du Franz Fanon en moins bien il aurait été plus intéressant de reprendre là ou Fanon avait laissé son analyse et voir comment en 2012 elle pouvait être actualisée.

Pour le reste, je te laisse imaginer qu'on se soit traité de racistes ici (en tout cas ce n'était pas mon propos) mais j'ai en revanche bel et bien été victime d'un délit de faciès. Mais sur le fond, ça importe peu ...