Qui mérite la baffe ?

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6 janvier 2014

Qui mérite la baffe ?

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A l’occasion du Nouvel An, je décide d’aller rendre visite à la famille Chrétien, mes voisins de palier que je trouvais fort sympathiques. L’accueil est très agréable. M Chrétien, porté sur la lecture, possède une bibliothèque assez riche et Mme, très coquette, mijote un bon petit dîner dans le couloir servant de cuisine. L’appartement bourdonne du bruit des grillades sur les plaques électriques et de mes échanges d’amabilité avec Mr Chrétien. Dans ce chaleureux décor, Armand, leur petit garçon de 4 ans, joue à l’indien avec un lance-pierre entre les meubles cossus et semble se chercher une mire intéressante.

Alors que je m’entretiens avec le père de famille autour du dernier prix Renaudot dont il venait de finir la lecture, soudainement, il reçoit un projectile en plein visage, éjecté par le lance-pierre du Navajo en herbe du salon. Paf ! Le père assène aussitôt une gifle magistrale qui le fait partir dans un hurlement strident vers sa maman occupée dans la cuisine. Devant les pleurs de son fils et l’explication que celui-ci lui donne rapidement de la situation, la maman ne se fait pas longtemps prier pour venir, elle-même, s’enquérir de l’objet d’une telle punition auprès de son mari.

M. Chrétien, dans son exposé de la situation, arrive à convaincre son épouse que le petit garçon mérite plus qu’une baffe en lui montrant son œil au beurre noir hérité de l’impact du projectile. Armand prend aussitôt une seconde claque venant cette fois-ci de sa maman. Ce qui le refait partir en courant dans un cri encore plus strident que le premier retrouver ses grands-parents. Il n’a pas fallu plus de deux minutes pour que les deux septuagénaires dévalent énergiquement les marches de l’étage qui nous séparent pour venir demander des comptes à leur fils et sa femme.

Cette scène cocasse se passe dans un engrenage tellement rapide que le seul réflexe qui me reste est de m’intercaler entre les deux générations de parents et le petit « Geronimo » qui avale, le regard perdu, ses sanglots.

Si après le papa, la maman, elle-même, n’a pas manqué de distribuer un aller-retour à son garnement, rien ne me garantissait que la cane de la grand-mère ou le dentier du Papy ne servirait dans cette escalade de violence irraisonnée.

– La première personne qui retouche à ce gosse aura à faire à la police, je vous promets tous les quatre, leur lançais-je.

Je m’attendais à tout sauf à être confronté à une situation d’enfant en danger en ce début d’année. Y a-t-il une période de l’année indiquée et propice à la violence à ce niveau ? En théorie non ! Par contre, tous les moments sont favorables pour sensibiliser contre des violences subies par les enfants (violences psychologiques, physiques et sexuelles) au sein de la famille.

Mon premier contact avec ces voisins qui décochent des baffes plus vite que leur ombre finit par une séance de mise en garde. Je pris congé d’eux en les invitant à se renseigner sur le 119, numéro dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être.

Solo Niaré

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