L’Afrique vous maudit, Schwarzenegger, Chuck Norris, Stallone et cie

Schwarzenegger, Chuck Norris et Stallone, héros de film de guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les années 80, ou années Reagan, les Etats-Unis avaient trouvé au cinéma le terrain de leur revanche sur la guerre du Vietnam. Bien que la postérité ait retenu la déroute d’une super armée contre de modestes soldats vietnamiens qui ont su tirer profit de leur connaissance de la jungle, il fallait trouver un moyen d’édulcorer cette défaite monumentale face à mille fois plus faible qu’eux. Qui plus que la magie d’Hollywood pouvait flatter l’orgueil d’une Amérique en manque d’exploit héroïque ? C’est ainsi que Rambo, Commando et le commandant McCoy furent rappelés à la rescousse pour offrir aux yankees les héros militaires qu’ils n’ont pas pu se faire face aux Vietcong. Quel est le rapport avec l’Afrique, direz-vous ?

C’était à l’heure des magnétoscopes et des cassettes VHS, pour ceux qui avaient les moyens de s’en procurer, où passaient en boucle les exploits de ces héros super armés, seuls contre tous et pouvant faire de tous les objets usuels à leur portée une arme de destruction massive. Beaucoup d’adolescents se faisaient la malle des salles de classe et partaient pendant leur école buissonnière suivre ses exploits de guerre dans des vidéos clubs de l’époque. Résultat, un autre phénomène est venu s’ajouter aux multiples causes des décrochages scolaires. Sortis prématurément de l’école et livrés à eux avec pour seule qualification la délinquance juvénile, c’est l’armée qui devenait pour ces jeunes le point de chute rêvé. La grande muette en est ainsi devenue le dépotoir de tous les grands malfrats que les pays africains pouvaient compter.

Quelques années plus tard, ces recrues ont pris du vent en poupe avec le nombre de putschs dans lesquels elles ont souvent été sollicitées. Se pensant désormais invincibles, ce sont ces Rambo d’opérette que l’on retrouve dans des situations bien cocasses, ne ratant aucune occasion pour se prendre à leur tour pour ces héros de film de guerre face à des civils désarmés sur lesquels ils tirent sans frémir. Et ils se racontent dans des faits divers les plus invraisemblables comme ci-après :

Dans un maquis bondé de clients venus noyer leurs soucis quotidiens dans des rasades de bière frelatée, un soldat à demi enivré dégoupille discrètement une grenade dans la pénombre et la roule sous une table à pied bot. Bilan après la déflagration : les testicules arrachés d’un artiste local, des morts et des blessés graves.

Dans un magbana, un minibus dont l’intérieur a été réaménagé avec le triple du nombre de places de sa norme d’usine, un jeune soldat somnole agrippé au canon d’une kalachnikov. Coincé entre une mareyeuse et un docker, il se dandine à chaque coup d’accélérateur du chauffeur et manque de se renverser sur son arme aux virages brutalement pris par ce transport en commun. Brutalement stoppé par un policier de la routière, le chauffeur donne à sa voiture un nerveux coup de frein qui renverse les passagers les uns sur les autres. Dans ce tumulte, le fusil mitraillette du soldat s’emballe. Après les crépitements de la rafale qui s’en suivent plus tard, le bilan est lourd : des morts et des blessés graves.

Des lycéens à l’approche du bac ont du mal à réviser leurs cours les soirs, car les délestages se font intempestifs. Ils ne voient qu’un seul responsable à cette situation : l’Etat vers lequel ils décident d’aller revendiquer de l’électricité pour pouvoir étudier. Ils improvisent une marche pacifique sur une artère qui mène au quartier d’affaires. Sur leur parcours deux jeunes gendarmes les intiment de rebrousser chemin. En réponse, les bidasses reçoivent quelques huées de désapprobation des jeunes qui ne font qu’à leur tête et avancent vers la ville. Soudain, sans sommation, des tirs de mitraillettes à l’horizontale les stoppent dans leur élan. Bilan : des morts et des blessés graves.

Toute ressemblance entre ces exemples et des faits ayant existé serait de loin la faute à pas de chance. Le quotidien de la population africaine rime avec ces types de faits divers que seuls Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Chuck Norris et compagnie ont inspiré à ces bidasses en carence de cervelle.
Que ces héros d’Hollywood soient maudits.

@SoloNiare