#365JoursDéjà : la Toile investie par les femmes pour la libération des lycéennes de Chibok

Déjà 365 jours et les 276 lycéennes de Chibok enlevées au Nigéria par la secte terroriste Boko Haram manquent toujours à l’appel. Un triste anniversaire. Jusqu’à cette date, aucune information n’est disponible sur leur sort, malgré la condamnation unanime de la communauté internationale de ce rapt d’un autre temps.

Mobilisation des femmes pour la libération des lycéennes de Chibok

Mobilisation des femmes pour la libération des lycéennes de Chibok

Initiée par les femmes, une action de solidarité d’envergure vient d’être lancée sur les réseaux sociaux et dans les médias pour réclamer haut et fort leur libération. Les femmes d’Afrique et du monde ont massivement répondu à cet appel en se prenant en photo avec le mot d’ordre du mouvement «#365JoursDéjà #BringbackOurGirls Now ! » imprimé sur leur écran d’ordinateur ou de tablette.

Depuis ce matin, un flot ininterrompu d’images déferle de Ndjamena, Douala, Dakar, Bamako, Conakry, Abidjan, Lagos, Libreville, Niamey, Nairobi, Kampala, Johannesburg, Brazzaville…

365-Jours-GIF_end_Wonk4D’illustres personnalités féminines, comme d’innombrables anonymes, femmes en milieu rural, femmes citadines, collégiennes, étudiantes, coiffeuses, marchandes, infirmières… se sont déjà prêtées au jeu. Leurs photos ont fait l’objet d’une grande mosaïque et d’un GIF animé de 170 secondes repris par plusieurs médias, dont RFI.

« Il est trop tôt pour faire le deuil de ces innocentes jeunes filles, mais il n’est pas trop tard pour les sauver. », soutient fermement Félicité Doubangar, africaniste très célèbre, à l’initiative de cette chaîne de solidarité. Une récente élection présidentielle réussie au Nigeria couronnée par une alternance paisible du pouvoir ne devrait en aucun cas essouffler la mobilisation autour de ce drame humain. Cette action autour des femmes d’Afrique devient salutaire surtout au moment où plusieurs médias ont déjà commencé à se faire l’écho de la mort de ces jeunes lycéennes et autres adolescentes de Chibok.

Badge #365JoursDejaLes réseaux sociaux sont un relais important où le partage par chaque internaute du mot hashtag #365JoursDéjà compte pour porter cette chaîne de solidarité le temps qu’il faudra pour que chacune de ces jeunes filles retrouve sa famille. Un lien permet également d’accéder à une application de personnalisation des profils à partir de Facebook : https://www.picbadges.com/community/55290a6a844a9d651bd1f537

 

Mosaïque des femmes pour la libération des lycéennes de Chibok.

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08 mars : Faut-il naître femme pour naître esclave ?

Réveillée à 6H du matin par des coups de fouets en rafales avec ces phrases :

– Qui est le salopard qui t’a déchiré avant moi, sale pute sans dignité… ?

Elle eut à peine le temps d’apercevoir celui qui lui a passé la bague au doigt, 14h plus tôt, celui-là même qui a prononcé avec joie « Je promets de te prendre pour épouse pour le meilleur et pour le pire… de te chérir, de t’aimer… » la battre comme un sac. Le sang ! Oui, le sang avait teint ce boubou blanc, traditionnel habit de la nouvelle mariée. Elle perdit connaissance. Ce furent, alors, les voisins, alertés par les cris qui affluèrent pour arrêter les coups qui pleuvaient encore sur une femme inerte, saignant, puis la transportèrent aux urgences médicales.

Elle y restera trois jours, dont 6h de coma. A son réveil effectif, une seule question la taraudait :

– Qu’est-il arrivé à Diakité ? Se précipita-elle de prendre des nouvelles de son époux.

Anna, la seule tante qui accepta de rester à son chevet, essaya de lui donner quelques explications :

– Tu n’étais pas vierge… ! Comment t’as pu nous faire ça ? 

Pas vierge ! Battue par son mari, un gendarme, pour n’avoir pas été vierge ; rejetée par sa famille, pour n’avoir pas gardé son hymen intact pour le rendez-vous de la chambre nuptiale. Quand elle raconte n’avoir pas perdu que connaissance, mais aussi sa dignité, son honneur, le respect de la communauté ; elle est convaincue d’avoir raté l’éducation des futurs enfants qu’elle aurait voulu avoir, mettant son désir de maternité à l’eau.

Dans cette tragédie sanglante, à qui faut-il en vouloir ? Le bourreau de mari, cet individu inconscient de s’être humilié en humiliant son épouse ? Où est-ce la famille de la victime qui, depuis les premières heures du drame, tenter d’étouffer l’affaire en suppliant le conjoint de reprendre « son dû », sa toute fraîche épouse répudiée ?

Elle n’eut pourtant pas gain de cause, la pauvre. Trois jours plus tard, après une série de reproches des siens, elle fut ramenée dans son foyer conjugal pour y être de nouveau admise, après s’être couchée à même le sol afin de recevoir le pardon de cet homme, son mari, celui-là même qui avait le devoir de la protéger.

@SoloNiare